8 Oct 2026

IRIS de l’Insee : le vrai dĂ©coupage statistique des quartiers

Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • IRIS signifie « Ăźlots regroupĂ©s pour l’information statistique » et dĂ©signe la maille de rĂ©fĂ©rence de l’Insee pour observer les territoires Ă  l’intĂ©rieur des communes.
  • Un IRIS compte gĂ©nĂ©ralement autour de 2 000 habitants, mais sa taille varie selon la forme urbaine, les voies ferrĂ©es, les cours d’eau ou les grands Ă©quipements.
  • Il ne faut pas confondre ce dĂ©coupage statistique avec un quartier vĂ©cu, un quartier administratif ou un secteur Ă©lectoral.
  • Les IRIS d’habitat, d’activitĂ© et divers permettent de distinguer les zones rĂ©sidentielles, les pĂŽles d’emploi et les espaces peu peuplĂ©s.
  • Les tables gĂ©ographiques de l’Insee, notamment celle arrĂȘtĂ©e au 1er janvier 2026, sont indispensables pour comparer correctement les donnĂ©es territoriales.

Pourquoi l’IRIS de l’Insee ne correspond pas toujours au quartier que l’on habite

Le quartier commence souvent par un nom. Il se dit Ă  voix basse dans une boulangerie, sur le banc d’un square, au comptoir d’un cafĂ©. « J’habite Saint-Michel », annonce-t-on Ă  Bordeaux, « je suis de la GuillotiĂšre », rĂ©pond-on Ă  Lyon, sans que ces mots recouvrent nĂ©cessairement une limite prĂ©cise. Sur une carte statistique, la rĂ©alitĂ© est moins impressionniste : elle s’appelle IRIS.

L’acronyme signifie « Ăźlots regroupĂ©s pour l’information statistique ». Il a Ă©tĂ© conçu par l’Insee pour produire des donnĂ©es Ă  une Ă©chelle plus fine que la commune. L’objectif Ă©tait de prĂ©parer la diffusion du recensement de la population de 1999 en divisant les villes en mailles d’une taille relativement homogĂšne. Le terme IRIS2000 rappelait alors la cible d’environ 2 000 habitants par unitĂ©.

Cette origine explique une confusion frĂ©quente. Un IRIS n’est pas la traduction administrative exacte d’un quartier vĂ©cu. Il s’agit d’une construction statistique, dĂ©finie Ă  partir de critĂšres gĂ©ographiques et dĂ©mographiques. Sa frontiĂšre peut suivre une avenue, une voie ferrĂ©e, un canal, une riviĂšre ou une emprise industrielle, mĂȘme si les habitants associent les deux cĂŽtĂ©s Ă  une mĂȘme ambiance urbaine.

À Paris, par exemple, le nom d’un secteur peut ĂȘtre largement partagĂ© par les habitants, les commerçants et les agences immobiliĂšres, tandis que plusieurs IRIS le dĂ©coupent en unitĂ©s plus petites. À AngoulĂȘme, un quartier identifiĂ© autour d’une place ou d’un marchĂ© peut Ă©galement ĂȘtre rĂ©parti entre plusieurs mailles. Pour comprendre les chiffres, il faut donc regarder le code et le pĂ©rimĂštre, pas seulement le libellĂ©.

Un outil conçu pour comparer des réalités différentes

Les communes d’au moins 10 000 habitants sont gĂ©nĂ©ralement dĂ©coupĂ©es en IRIS. Une forte proportion des communes comprises entre 5 000 et 10 000 habitants l’est Ă©galement. Pour les communes qui ne disposent pas d’un dĂ©coupage infra-communal, l’Insee assimile la commune entiĂšre Ă  un IRIS afin de maintenir une couverture nationale.

Les millĂ©simes historiques donnent une idĂ©e de l’évolution de la base. Les anciennes prĂ©sentations Ă©voquent environ 15 500 IRIS, dont plus de 750 dans les territoires ultramarins. D’autres dĂ©comptes, Ă©tablis selon un pĂ©rimĂštre et une gĂ©ographie diffĂ©rents, approchent 16 100 unitĂ©s, avec environ 650 IRIS dans les dĂ©partements d’outre-mer. Cette variation ne traduit pas une erreur automatique : elle rappelle qu’un chiffre doit toujours ĂȘtre associĂ© Ă  une annĂ©e et Ă  une dĂ©finition.

Le mĂȘme principe vaut pour l’analyse immobiliĂšre. Comparer le revenu mĂ©dian d’un IRIS avec le prix des logements d’un quartier commercial peut produire un rĂ©sultat trompeur si les deux pĂ©rimĂštres ne coĂŻncident pas. Un observateur qui Ă©tudie un secteur bordelais, lyonnais ou angevin doit d’abord vĂ©rifier la gĂ©ographie utilisĂ©e par chaque source.

Un dĂ©tail attire l’Ɠil : la stabilitĂ© recherchĂ©e par l’Insee n’est jamais une immobilitĂ© absolue. Les contours doivent rester identifiables et suffisamment stables pour permettre les sĂ©ries statistiques, mais ils peuvent ĂȘtre ajustĂ©s lorsque la voirie, la dĂ©mographie ou la gĂ©ographie communale changent fortement.

Pour approfondir la distinction entre quartier vĂ©cu et dĂ©coupage administratif, la lecture de cette analyse sur la dĂ©finition d’un quartier administratif permet de mesurer l’écart entre les usages quotidiens et les catĂ©gories officielles. L’IRIS ne dit pas ce qu’un quartier ressent ; il rend ses caractĂ©ristiques comparables.

Comment les limites IRIS transforment une ville en données territoriales lisibles

Une carte IRIS ne ressemble pas toujours Ă  la ville que l’on traverse. Elle ne montre ni l’odeur du marchĂ©, ni le bruit d’une cour d’école, ni la lumiĂšre particuliĂšre d’une rue bordĂ©e de platanes. Elle offre autre chose : un langage commun pour observer la dĂ©mographie, l’emploi, les logements, les mĂ©nages et les Ă©carts sociaux Ă  l’intĂ©rieur d’une mĂȘme commune.

La conception du dĂ©coupage repose d’abord sur une logique gĂ©ographique. Les grandes coupures du tissu urbain servent de repĂšres : boulevards, routes Ă  fort trafic, lignes ferroviaires, fleuves, canaux ou zones d’activitĂ©s. À l’échelle d’une mĂ©tropole, ces Ă©lĂ©ments structurent fortement les dĂ©placements et les pratiques. Une voie rapide peut sĂ©parer deux ensembles de logements distants de quelques centaines de mĂštres, mais rarement reliĂ©s par les mĂȘmes cheminements.

La logique dĂ©mographique intervient ensuite. Les IRIS d’habitat comptent en principe entre 1 800 et 5 000 habitants. Ils cherchent Ă  regrouper des secteurs prĂ©sentant des formes de logement relativement proches : grands ensembles, maisons individuelles, immeubles anciens ou lotissements. Cette homogĂ©nĂ©itĂ© n’est jamais parfaite. Une ville est faite de transitions, de parcelles mixtes et de rues qui changent progressivement de visage.

Trois catĂ©gories pour ne pas comparer l’incomparable

La typologie de l’Insee distingue trois grandes familles. Les IRIS d’habitat correspondent aux zones rĂ©sidentielles ordinaires. Les IRIS d’activitĂ© regroupent plus de 1 000 salariĂ©s et comptent au moins deux fois plus d’emplois salariĂ©s que de rĂ©sidents. Les IRIS divers couvrent des espaces particuliers, souvent Ă©tendus et peu habitĂ©s, comme des parcs, des ports, des forĂȘts ou de grands Ă©quipements.

Les proportions publiĂ©es pour le 1er janvier 2008 donnent une image parlante : environ 92 % des IRIS relevaient alors de l’habitat et 5 % de l’activitĂ©. Le reliquat correspondait notamment aux espaces divers. Ces parts ne doivent pas ĂȘtre lues comme une photographie immuable. Un ancien secteur industriel peut accueillir des logements, tandis qu’une friche devenue pĂŽle tertiaire peut changer de fonction sans que la catĂ©gorie historique soit immĂ©diatement modifiĂ©e.

Cette prudence compte dans l’analyse urbaine. Un IRIS d’activitĂ© peut afficher un revenu rĂ©sidentiel trĂšs faible, non parce que les emplois y seraient pauvres, mais parce que peu de personnes y habitent. De la mĂȘme maniĂšre, un grand parc urbain peut avoir une superficie considĂ©rable et une population presque nulle. Classer ces espaces avec des zones rĂ©sidentielles conduirait Ă  des comparaisons absurdes.

Le fil conducteur peut ĂȘtre celui de Nadia, chargĂ©e d’études dans une agence d’urbanisme. Pour Ă©valuer l’accĂšs aux Ă©quipements d’un secteur de Toulouse, elle commence par afficher les contours IRIS, puis superpose les Ă©coles, les arrĂȘts de transport et les commerces. Elle constate qu’un groupe scolaire situĂ© Ă  la limite de deux mailles dessert en rĂ©alitĂ© les familles des deux cĂŽtĂ©s. La carte statistique devient alors un point de dĂ©part, non une vĂ©ritĂ© suffisante.

La dĂ©marche vaut pour les quartiers de Bordeaux, Lille ou Marseille. Un secteur peut prĂ©senter une population jeune, une forte proportion de logements collectifs et un faible taux de motorisation, tandis que l’IRIS voisin, sĂ©parĂ© par une voie ferrĂ©e, affiche une population plus ĂągĂ©e et davantage de maisons individuelles. La force de la maille tient Ă  la comparaison ; sa limite apparaĂźt dĂšs qu’on oublie le terrain.

Ce que les catégories IRIS révÚlent sur la démographie et la vie quotidienne

Les statistiques locales prennent une autre dimension lorsqu’elles descendent sous le seuil communal. Une ville peut afficher une moyenne rassurante, alors que ses quartiers prĂ©sentent des situations trĂšs contrastĂ©es. L’IRIS permet de repĂ©rer ces Ă©carts sans rĂ©duire les habitants Ă  une colonne de tableau.

Le recensement constitue l’une des principales sources mobilisĂ©es Ă  cette Ă©chelle. Il renseigne la population, les classes d’ñge, la taille des mĂ©nages, les types de logements et les conditions d’activitĂ©. D’autres bases complĂštent le portrait : revenus fiscaux, emploi, Ă©quipements, mobilitĂ© ou transactions immobiliĂšres. Ensemble, ces informations dessinent des zones gĂ©ographiques plus nuancĂ©es que la seule opposition entre centre-ville et pĂ©riphĂ©rie.

Dans un secteur ancien de Nantes ou de Strasbourg, la part Ă©levĂ©e de petits logements peut s’accompagner d’une forte prĂ©sence de personnes seules et de jeunes actifs. À quelques rues de lĂ , un IRIS composĂ© de rĂ©sidences familiales peut afficher une structure d’ñge diffĂ©rente, davantage de mĂ©nages avec enfants et une pression particuliĂšre sur les Ă©coles. Les deux secteurs appartiennent parfois au mĂȘme quartier dans le langage courant, mais ne rĂ©pondent pas aux mĂȘmes besoins.

Lire les chiffres sans fabriquer un portrait automatique

Un indicateur ne raconte jamais Ă  lui seul la vie d’un secteur. Une forte densitĂ© peut signaler un habitat collectif compact, mais aussi la prĂ©sence d’une rĂ©sidence Ă©tudiante. Un revenu mĂ©dian Ă©levĂ© peut reflĂ©ter quelques immeubles rĂ©cents et masquer une rue de logements sociaux. Une baisse de population peut provenir d’une dĂ©molition suivie d’un chantier, plutĂŽt que d’un dĂ©part durable des habitants.

Le temps statistique doit donc ĂȘtre respectĂ©. Les gĂ©ographies de rĂ©fĂ©rence ont Ă©voluĂ© depuis la crĂ©ation des IRIS pour le recensement de 1999. Une retouche limitĂ©e a Ă©tĂ© opĂ©rĂ©e en 2008, principalement pour intĂ©grer des transformations importantes de la voirie et de la dĂ©mographie. Elle concernait environ une centaine d’IRIS, prĂ©cisĂ©ment afin de prĂ©server la continuitĂ© des sĂ©ries.

Cette continuitĂ© a un prix : certains IRIS ont changĂ© de profil sans changer de type. Une zone autrefois rĂ©sidentielle peut accueillir une concentration d’emplois, ou un secteur d’activitĂ© se transformer en quartier de logements. Les utilisateurs doivent donc lire les donnĂ©es avec leur annĂ©e, leur dĂ©finition et leur source, plutĂŽt que d’attribuer une signification permanente au nom d’un secteur.

À AngoulĂȘme, une lecture attentive peut relier les donnĂ©es du recensement Ă  des lieux concrets : la gare, le plateau, les rues commerçantes ou les abords du fleuve Charente. Un quartier mentionnĂ© dans un rĂ©cit consacrĂ© aux secteurs Ă  observer en 2026 ne forme pas forcĂ©ment une unitĂ© statistique unique. Les tendances dĂ©crites dans un article de terrain doivent ĂȘtre confrontĂ©es aux mailles de l’Insee avant toute comparaison.

Le mĂȘme raisonnement s’applique au choix rĂ©sidentiel. Une famille qui Ă©tudie la prĂ©sence d’écoles, de commerces et d’espaces verts gagnera Ă  croiser les IRIS avec les Ă©quipements rĂ©ellement accessibles Ă  pied. La frontiĂšre statistique peut passer derriĂšre un immeuble, tandis que le trajet quotidien contourne une avenue trĂšs frĂ©quentĂ©e.

La donnĂ©e territoriale devient utile lorsqu’elle est replacĂ©e dans un rĂ©cit de mobilitĂ©, de logement et de services. Un chiffre dĂ©crit une maille ; l’analyse urbaine doit expliquer la vie qui circule entre les mailles.

Pourquoi l’annĂ©e de gĂ©ographie IRIS est dĂ©cisive pour comparer les quartiers

Une carte n’est jamais seulement une image. Elle porte une date, une mĂ©thode et une sĂ©rie de choix techniques. Pour l’IRIS, cette prĂ©cision est essentielle : comparer une statistique de 2009 avec une autre de 2026 sans vĂ©rifier les contours peut donner l’impression d’une Ă©volution dĂ©mographique alors que la limite gĂ©ographique a changĂ©.

L’Insee identifie les millĂ©simes par leur gĂ©ographie de rĂ©fĂ©rence. On peut ainsi rencontrer des expressions comme « IRIS-gĂ©ographie 1999 » ou « IRIS-gĂ©ographie 2008 ». Ces mentions indiquent le fond territorial utilisĂ© pour agrĂ©ger et diffuser les donnĂ©es. Elles jouent un rĂŽle comparable Ă  celui d’une Ă©dition dans un atlas : le nom du lieu reste parfois identique, mais le pĂ©rimĂštre doit ĂȘtre contrĂŽlĂ©.

La table d’appartenance gĂ©ographique au 1er janvier 2026 constitue la rĂ©fĂ©rence contemporaine pour rattacher les IRIS Ă  diffĂ©rentes catĂ©gories : commune, unitĂ© urbaine, aire d’attraction ou autres zonages. Les tables 2024 et 2025 permettent, elles, de comprendre les changements rĂ©cents et de vĂ©rifier les correspondances. Pour une Ă©tude longitudinale, les tables de passage sont plus sĂ»res qu’un simple rapprochement par libellĂ©.

Les modifications communales et leurs effets discrets

Les transformations de la gĂ©ographie communale peuvent affecter les contours : fusion de communes, crĂ©ation ou rĂ©tablissement d’une commune, Ă©change de parcelles. Une frontiĂšre administrative dĂ©placĂ©e peut modifier l’appartenance d’un IRIS, mĂȘme si les rues, les bĂątiments et les habitudes des habitants semblent inchangĂ©s.

Les erreurs documentĂ©es montrent aussi pourquoi il faut consulter les versions corrigĂ©es. Une anomalie concernant l’unitĂ© urbaine du Mans et le classement de Mulsanne dans le zonage 2020 a Ă©tĂ© corrigĂ©e dans les tables diffusĂ©es le 28 septembre 2022 pour les millĂ©simes 2021 et 2022. Cette prĂ©cision n’est pas un dĂ©tail de spĂ©cialiste : une mauvaise appartenance peut fausser un tableau comparatif, une carte ou une dĂ©cision d’amĂ©nagement.

Les bases gĂ©ographiques demandent la mĂȘme vigilance. Les contours disponibles sur data.gouv.fr ou produits Ă  partir des donnĂ©es de l’IGN peuvent ĂȘtre proposĂ©s dans des projections diffĂ©rentes. Un fichier de limites IRIS en WGS84 ne se manipule pas exactement comme une couche locale dans un systĂšme projetĂ©. Pour une lecture simple, cette distinction est invisible ; pour une cartographie prĂ©cise, elle peut dĂ©placer les superpositions.

Le cas d’une agence immobiliĂšre illustre le problĂšme. Elle souhaite comparer le prix mĂ©dian de logements dans un secteur rebaptisĂ© par ses habitants « les Docks ». Si son pĂ©rimĂštre commercial s’appuie sur trois IRIS actuels mais que ses donnĂ©es anciennes reprennent une gĂ©ographie antĂ©rieure, la hausse apparente peut mĂ©langer effet de prix et effet de dĂ©coupage.

Une méthode rigoureuse commence donc par quatre vérifications : identifier le millésime, conserver le code IRIS, vérifier le contour, puis documenter la source. Les libellés peuvent varier, notamment aprÚs des corrections de noms, alors que les codes et les tables de correspondance permettent de suivre plus précisément les unités.

La comparaison devient encore plus dĂ©licate lorsque les statistiques sont protĂ©gĂ©es par le secret. Certaines variables sensibles ne sont pas diffusĂ©es Ă  l’échelle IRIS. L’Insee utilise alors le TRIRIS, un regroupement de plusieurs IRIS, souvent trois, afin d’offrir une population suffisante et de limiter les risques d’identification.

Choisir le bon millĂ©sime, c’est prĂ©server la mĂ©moire statistique du quartier. Sans cette discipline, une carte prĂ©cise en apparence peut raconter une histoire gĂ©ographique fausse.

Comment utiliser un IRIS sans confondre statistiques locales et réalité urbaine

L’IRIS est une excellente porte d’entrĂ©e vers les donnĂ©es, Ă  condition de ne pas lui demander de remplacer l’observation. Une ville ne se rĂ©sume pas Ă  ses mailles. Les habitants franchissent les limites pour travailler, conduire les enfants Ă  l’école, faire leurs courses ou rejoindre un jardin public. Le quartier vĂ©cu est mobile, tandis que la statistique doit rester stable.

Pour une Ă©tude de secteur, la premiĂšre Ă©tape consiste Ă  dĂ©finir la question. Cherche-t-on Ă  mesurer la population ĂągĂ©e, les logements vacants, la prĂ©sence d’emplois, le niveau de revenus ou l’accĂšs aux Ă©quipements ? Chaque objectif appelle des indicateurs diffĂ©rents. Une carte de densitĂ© ne rĂ©pond pas Ă  une question sur la qualitĂ© des espaces publics, pas plus qu’un revenu mĂ©dian ne mesure la convivialitĂ© d’une rue.

La deuxiĂšme Ă©tape consiste Ă  choisir le pĂ©rimĂštre. Le nom d’un quartier trouvĂ© sur un site municipal, une agence ou un article de presse peut recouvrir plusieurs IRIS. À l’inverse, un seul IRIS peut ĂȘtre partagĂ© entre plusieurs identitĂ©s locales. Les contours doivent donc ĂȘtre affichĂ©s avant l’interprĂ©tation.

Une méthode concrÚte pour lire un territoire

Nadia, l’analyste Ă©voquĂ©e plus haut, travaille dĂ©sormais sur un projet de transformation d’une ancienne zone d’activitĂ©s. Elle commence par consulter la table IRIS 2026, puis relĂšve la population, les logements et les emplois. Ensuite, elle compare les donnĂ©es avec les bases de voirie, les Ă©quipements scolaires et la localisation des transports. Enfin, elle marche sur place.

Dans une rue bordĂ©e d’immeubles rĂ©cents, elle observe que l’arrĂȘt de bus le plus proche se trouve de l’autre cĂŽtĂ© d’un carrefour difficile Ă  traverser. La carte indique une distance de 350 mĂštres ; le parcours rĂ©el en fait presque 600. La donnĂ©e n’est pas fausse, mais elle ne suffit pas Ă  dĂ©crire l’accessibilitĂ© quotidienne.

Cette sĂ©quence montre comment articuler plusieurs niveaux. Les statistiques locales Ă©tablissent une structure gĂ©nĂ©rale. Les fonds de carte prĂ©cisent les limites. Les Ă©quipements et les rĂ©seaux expliquent les usages. L’observation de terrain rĂ©vĂšle les obstacles, les raccourcis et les lieux de rencontre que la base statistique ne peut pas enregistrer.

Les habitants eux-mĂȘmes peuvent apporter une information prĂ©cieuse. Une place, un marchĂ© ou une Ă©cole peut jouer le rĂŽle de centralitĂ© pour plusieurs IRIS. À AngoulĂȘme, un marchĂ© associĂ© Ă  un nom de quartier peut attirer des mĂ©nages venus d’un pĂ©rimĂštre plus large. À Marseille, un boulevard peut sĂ©parer deux mailles administratives tout en reliant quotidiennement leurs commerces et leurs transports.

Pour les projets immobiliers, le croisement des sources est Ă©galement indispensable. Les prix issus de la base DVF, les donnĂ©es notariales, les caractĂ©ristiques du parc de logements et les indicateurs de population ne portent pas toujours sur le mĂȘme champ. Une transaction est localisĂ©e Ă  une adresse, une donnĂ©e de recensement Ă  une maille, et une estimation commerciale Ă  un pĂ©rimĂštre choisi par l’entreprise.

La mĂȘme prĂ©caution vaut pour les articles consacrĂ©s aux quartiers Ă  surveiller. Un secteur peut ĂȘtre dĂ©crit comme en transformation parce qu’une gare, une friche ou un Ă©quipement culturel modifie les flux. Pour savoir si cette transformation touche rĂ©ellement les habitants, il faut examiner la population, les logements, les emplois et la chronologie des opĂ©rations.

Le lecteur qui souhaite comparer plusieurs secteurs peut consulter un guide consacrĂ© au choix d’un quartier, puis vĂ©rifier chaque information avec les bases publiques. Une autre ressource sur les quartiers adaptĂ©s aux familles rappelle utilement que les Ă©coles, les trajets et les services doivent ĂȘtre observĂ©s ensemble, plutĂŽt qu’à partir d’un seul classement.

L’IRIS n’est donc ni une Ă©tiquette commerciale ni une frontiĂšre affective. C’est un instrument de mesure, efficace lorsque son pĂ©rimĂštre, son millĂ©sime et ses limites sont clairement Ă©tablis. La bonne lecture consiste Ă  passer de la carte au terrain, puis du terrain aux donnĂ©es.

Pour comprendre un quartier en une heure, il suffit de choisir une rue qui traverse deux IRIS, de relever les limites sur la table Insee du 1er janvier 2026, puis de parcourir le trajet Ă  pied : l’écart entre la maille statistique et la ville vĂ©cue apparaĂźt alors avec une nettetĂ© rare.

Sources mobilisĂ©es : Insee, « Iris » et tables d’appartenance gĂ©ographique des IRIS, gĂ©ographies 1999, 2008 et 2026 ; Insee, donnĂ©es du recensement de la population ; data.gouv.fr, contours gĂ©ographiques des IRIS ; IGN, fonds gĂ©ographiques ; Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s, principes de diffusion statistique et de secret statistique.

Quelle est la dĂ©finition exacte d’un IRIS ?

Un IRIS est une maille infra-communale créée par l’Insee pour diffuser des statistiques Ă  une Ă©chelle plus fine que la commune. Il regroupe gĂ©nĂ©ralement autour de 2 000 habitants, selon des limites gĂ©ographiques identifiables et relativement stables.

Un IRIS correspond-il à un quartier vécu ?

Pas nĂ©cessairement. Un quartier vĂ©cu repose sur les pratiques, les habitudes et les reprĂ©sentations des habitants, tandis qu’un IRIS est une unitĂ© statistique. Les deux pĂ©rimĂštres peuvent coĂŻncider, mais ils peuvent aussi se recouvrir partiellement ou diffĂ©rer nettement.

Quels sont les trois types d’IRIS ?

L’Insee distingue les IRIS d’habitat, les IRIS d’activitĂ© et les IRIS divers. Les premiers sont principalement rĂ©sidentiels, les deuxiĂšmes concentrent les emplois, et les derniers correspondent notamment Ă  de grandes zones peu habitĂ©es comme des parcs, des ports ou des forĂȘts.

Pourquoi faut-il prĂ©ciser l’annĂ©e de gĂ©ographie ?

Les contours peuvent évoluer à la suite de modifications de voirie, de changements démographiques ou de transformations communales. Mentionner la géographie 1999, 2008, 2025 ou 2026 permet de comparer des données produites sur des périmÚtres cohérents.

À quoi sert un TRIRIS ?

Un TRIRIS regroupe généralement plusieurs IRIS afin de diffuser certaines variables sensibles tout en respectant le secret statistique. Il est utilisé lorsque la maille IRIS est trop petite pour garantir la protection des personnes et des ménages.

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