19 Août 2026

Les radars rĂ©volutionnaires de la M35 prĂȘts Ă  dĂ©clencher une vague de contrĂŽles Ă  Strasbourg !

Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

À l’aube, la M35 ressemble Ă  une longue couture grise entre les quartiers strasbourgeois. Les files se recomposent Ă  l’approche des Ă©changeurs, les panneaux lumineux changent de message, et un dĂ©tail dĂ©sormais invisible Ă  l’Ɠil nu prend de l’importance : le nombre de personnes assises dans chaque habitacle.

En bref

  • Depuis novembre 2023, des dispositifs de dĂ©tection automatisĂ©e ont Ă©tĂ© annoncĂ©s sur la M35 afin de contrĂŽler l’usage des voies rĂ©servĂ©es au covoiturage.
  • Ces radars reposent sur des capteurs infrarouges capables d’identifier la prĂ©sence d’un conducteur seul dans un vĂ©hicule.
  • Les crĂ©neaux indiquĂ©s lors de la mise en service concernaient les jours ouvrĂ©s, de 6 h Ă  10 h puis de 16 h Ă  19 h.
  • Le changement s’inscrit dans la transformation de l’ancienne A35 en M35, aprĂšs l’ouverture de l’A355 en 2021.
  • L’enjeu ne concerne pas seulement les amendes : il touche aussi la lisibilitĂ© des rĂšgles, la fluiditĂ© des dĂ©placements et la sĂ©curitĂ© routiĂšre dans l’agglomĂ©ration.
Repùre Ce qu’il faut retenir
Axes concernés La M35, traversée urbaine de Strasbourg et de son agglomération
Type de contrĂŽle DĂ©tection du taux d’occupation des vĂ©hicules sur les voies rĂ©servĂ©es
Technologie Capteurs infrarouges et automatisation de la lecture des situations
Horaires annoncés en 2023 Lundi au vendredi, 6 h-10 h et 16 h-19 h
Contexte urbain RĂ©organisation des circulations aprĂšs la mise en service de l’A355 en 2021

Les radars révolutionnaires de la M35 changent la lecture de la route à Strasbourg

Le radar ne regarde plus seulement la vitesse. Sur la M35, les Ă©quipements annoncĂ©s Ă  l’automne 2023 ouvrent une autre sĂ©quence : celle du contrĂŽle de l’occupation des vĂ©hicules. Dans le flot dense du matin, la machine cherche moins le kilomĂštre-heure excĂ©dentaire que la silhouette isolĂ©e derriĂšre un pare-brise.

Le principe est simple Ă  Ă©noncer, beaucoup plus dĂ©licat Ă  installer dans les habitudes. Une voie rĂ©servĂ©e au covoiturage est destinĂ©e aux vĂ©hicules transportant au moins deux personnes, ainsi qu’aux transports collectifs et, selon les rĂšgles affichĂ©es, aux vĂ©hicules de secours ou d’intervention. Le conducteur qui circule seul sur cette file pendant sa pĂ©riode d’activation s’expose Ă  une infraction.

Les premiers Ă©lĂ©ments diffusĂ©s en octobre puis en novembre 2023 Ă©voquaient deux appareils opĂ©rationnels sur la M35, sur des plages horaires trĂšs ciblĂ©es : de 6 h Ă  10 h et de 16 h Ă  19 h, du lundi au vendredi. Cette prĂ©cision compte. La voie n’obĂ©it pas nĂ©cessairement Ă  la mĂȘme rĂšgle Ă  midi, le soir tard ou durant le week-end. Dans une mĂ©tropole oĂč les dĂ©placements alternent entre voiture, tramway, vĂ©lo et TER, la signalĂ©tique temporelle devient une part entiĂšre du trajet.

Un dĂ©tail attire l’Ɠil sur les portiques et les panneaux Ă  messages variables : la route n’est plus un espace homogĂšne. Elle se divise selon l’heure, le vĂ©hicule et le nombre de passagers. Cette Ă©volution Ă©tait dĂ©jĂ  visible Ă  Rennes ou Nantes, oĂč des voies de covoiturage ont Ă©galement Ă©tĂ© accompagnĂ©es de dispositifs de dĂ©tection. À Strasbourg, elle prend une rĂ©sonance particuliĂšre, car la M35 est un axe vĂ©cu quotidiennement par les habitants de Schiltigheim, Bischheim, Illkirch-Graffenstaden ou Lingolsheim.

Le cas de Nora, salariĂ©e fictive travaillant prĂšs de la place des Halles et habitant au nord de l’agglomĂ©ration, illustre la difficultĂ©. Certains jours, elle dĂ©pose son fils Ă  l’école avant de rejoindre seule son bureau ; d’autres, elle partage sa voiture avec une collĂšgue. Le mĂȘme itinĂ©raire, le mĂȘme vĂ©hicule, mais deux situations diffĂ©rentes devant le dispositif. L’automatisation ne change pas les rĂšgles de fond : elle rend leur application beaucoup plus prĂ©sente.

Cette surveillance n’a donc rien d’un simple dĂ©cor technologique. Elle transforme une contrainte auparavant contrĂŽlĂ©e de façon ponctuelle en rĂšgle susceptible d’ĂȘtre observĂ©e chaque matin. Pour les automobilistes, la premiĂšre prĂ©caution reste de regarder la signalĂ©tique active avant de s’engager. Pour la ville, la vraie question est celle de la comprĂ©hension : une rĂšgle efficace est d’abord une rĂšgle lisible.

Voies d'autoroute urbaine avec marquage jaune et panneau lumineux
Illustration générée par intelligence artificielle.

Pourquoi la M35 de Strasbourg est devenue un laboratoire des contrÎles automatisés

La M35 n’a pas toujours portĂ© ce nom. Jusqu’en 2021, cet axe Ă©tait connu comme l’A35, une autoroute traversant Strasbourg au plus prĂšs de ses quartiers habitĂ©s, de Cronenbourg aux abords de la Meinau. L’ouverture de l’A355, le contournement ouest de Strasbourg, a modifiĂ© sa fonction : une partie du trafic de transit a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  quitter cette traversĂ©e centrale, tandis que l’ancienne autoroute devait progressivement devenir une infrastructure mĂ©tropolitaine.

Le changement de lettre n’est pas anodin. Une autoroute Ă©voque le passage, la continuitĂ© nationale, les longues distances. Une route mĂ©tropolitaine appelle une autre grammaire : des entrĂ©es plus frĂ©quentes, des trajets domicile-travail, des bus, des livraisons, des accĂšs vers les zones d’emploi et les quartiers. La M35 est ainsi devenue une route de ville Ă  grande vitesse, avec toutes les contradictions que cette formule contient.

En 2021, l’arrivĂ©e de l’A355 a obligĂ© les usagers rĂ©guliers Ă  rĂ©apprendre leurs itinĂ©raires. Bifurcations, limitations de vitesse, voies dĂ©diĂ©es, panneaux renouvelĂ©s : la carte mentale du conducteur s’est fragmentĂ©e. L’installation de radars visant le covoiturage, annoncĂ©e pour le 1er novembre 2023, ajoute une couche Ă  cette reconfiguration. Elle ne sanctionne pas une conduite dangereuse au sens traditionnel ; elle contrĂŽle l’accĂšs Ă  une file dont l’usage dĂ©pend d’une condition prĂ©cise.

Ce qu’on oublie souvent, c’est que les contrĂŽles ne se rĂ©sument pas Ă  la verbalisation. Ils envoient un signal sur la maniĂšre dont l’espace routier doit ĂȘtre partagĂ©. Une voie rĂ©servĂ©e est une promesse de temps gagnĂ© pour les vĂ©hicules qui transportent davantage de personnes. Si elle reste encombrĂ©e par les autos occupĂ©es par une seule personne, cette promesse s’efface. Si elle est trop mal comprise, elle peut au contraire provoquer des changements de voie brusques ou des hĂ©sitations peu favorables Ă  la sĂ©curitĂ©.

La technologie choisie, fondĂ©e sur des dĂ©tecteurs infrarouges, rĂ©pond prĂ©cisĂ©ment Ă  cette difficultĂ©. Contrairement au radar de vitesse, qui mesure un Ă©cart chiffrĂ©, elle doit interprĂ©ter une scĂšne : y a-t-il un passager Ă  cĂŽtĂ© du conducteur, Ă  l’arriĂšre, un siĂšge enfant, une silhouette confondue avec un reflet ? L’automatisation est donc gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©e d’une vĂ©rification humaine avant toute dĂ©cision de sanction, selon le fonctionnement prĂ©sentĂ© pour ce type de dispositifs dans les rĂ©seaux routiers français.

Strasbourg n’est pas un terrain isolĂ©. La mĂ©tropole s’inscrit dans une pĂ©riode oĂč les collectivitĂ©s rĂ©organisent les grands axes autour du covoiturage, des transports collectifs et de la rĂ©duction des congestions aux heures les plus chargĂ©es. Mais la M35 concentre cette mutation avec une intensitĂ© singuliĂšre : elle n’est ni un boulevard urbain ordinaire, ni une autoroute lointaine. Elle longe des morceaux de ville, des zones d’activitĂ©s et des quartiers qui respirent au rythme de ses embouteillages.

Le visiteur pressĂ© passe sans voir cette gĂ©ographie. Pourtant, entre l’échangeur de Cronenbourg et les accĂšs vers le centre, chaque file raconte une hiĂ©rarchie nouvelle des mobilitĂ©s. La M35 sert dĂ©sormais de laboratoire Ă  ciel ouvert : la route n’est plus seulement faite pour circuler, elle est faite pour organiser les maniĂšres de circuler.

Comment les nouveaux radars de la M35 détectent les infractions sans contrÎler la vitesse

Le mot radar prĂȘte Ă  confusion. Dans l’imaginaire routier, il Ă©voque immĂ©diatement la vitesse, le flash blanc dans le rĂ©troviseur et l’amende liĂ©e Ă  un dĂ©passement de limitation. Les appareils installĂ©s ou annoncĂ©s pour la M35 relĂšvent d’une famille diffĂ©rente. Leur objectif n’est pas de savoir si une voiture roule Ă  72 ou Ă  92 km/h, mais de vĂ©rifier si elle est autorisĂ©e Ă  emprunter une voie donnĂ©e.

La dĂ©tection repose sur des capteurs capables d’observer l’intĂ©rieur du vĂ©hicule, notamment grĂące Ă  l’infrarouge. Cette technologie est conçue pour fonctionner dans des conditions de luminositĂ© variables : matin d’hiver, pare-brise sombre, soleil bas sur la plaine d’Alsace ou retour de bureau aprĂšs la tombĂ©e du jour. Elle aide Ă  distinguer le conducteur d’un Ă©ventuel passager, sans que la situation puisse ĂȘtre rĂ©duite Ă  une simple photographie automatique.

Dans une chaĂźne de traitement rigoureuse, plusieurs Ă©tapes doivent ĂȘtre distinguĂ©es. L’appareil repĂšre le vĂ©hicule engagĂ© sur la voie rĂ©servĂ©e. Il analyse ensuite le niveau d’occupation apparent. Enfin, lorsqu’une situation semble non conforme, les Ă©lĂ©ments sont examinĂ©s avant qu’une infraction ne soit retenue. Cette derniĂšre prĂ©caution est essentielle : un enfant installĂ© Ă  l’arriĂšre, un passager peu visible ou une configuration particuliĂšre de l’habitacle exigent une lecture plus fine qu’un algorithme isolĂ©.

  • Voie active : la rĂšgle dĂ©pend du panneau et de la tranche horaire affichĂ©e.
  • Deux personnes ou davantage : le vĂ©hicule peut en principe utiliser la file rĂ©servĂ©e au covoiturage.
  • Conducteur seul : il doit rester sur les voies gĂ©nĂ©rales lorsque la rĂ©servation est en vigueur.
  • VĂ©hicules autorisĂ©s : transports collectifs, services de secours et vĂ©hicules d’intervention peuvent relever de rĂ©gimes spĂ©cifiques.
  • ContrĂŽle : l’outil dĂ©tecte une situation ; la procĂ©dure de constatation doit sĂ©curiser l’exactitude de l’infraction.

Cette nuance permet de mesurer ce qui est rĂ©ellement rĂ©volutionnaire dans ces radars. La nouveautĂ© n’est pas seulement technique. Elle rĂ©side dans le dĂ©placement de la surveillance routiĂšre vers des comportements jusqu’ici difficiles Ă  vĂ©rifier Ă  grande Ă©chelle. Un agent placĂ© au bord de la route peut constater une voiture seule dans une voie de covoiturage, mais il ne peut suivre chaque passage aux heures de pointe. La machine, elle, ne se fatigue pas et travaille avec une rĂ©gularitĂ© qui change l’équilibre entre rĂšgle thĂ©orique et rĂšgle appliquĂ©e.

Il faut toutefois distinguer cette logique d’une surveillance indistincte de tous les dĂ©placements. Le cadre reste liĂ© Ă  une voie, Ă  un objectif de circulation et Ă  des horaires connus. La bonne information est donc plus utile qu’une inquiĂ©tude vague. Les automobilistes qui prĂ©parent leur trajet peuvent retrouver des conseils de circulation et des formats d’information locale, y compris Ă  travers des mĂ©dias de proximitĂ© ou des sĂ©lections de webradios pour suivre l’actualitĂ© en mobilitĂ©.

À y regarder de prĂšs, la pĂ©dagogie est l’autre moitiĂ© du dispositif. Un panneau trop tardif, une rĂšgle mal affichĂ©e ou une signalisation contradictoire peuvent faire naĂźtre des erreurs sincĂšres. Les Ă©quipements de contrĂŽle ne remplacent donc pas l’entretien de la route, l’information des usagers et une signalĂ©tique stable. La technologie est prĂ©cise ; l’espace public doit l’ĂȘtre aussi.

La sécurité routiÚre sur la M35 dépend aussi de rÚgles compréhensibles aux heures de pointe

À 8 h 15, le trajet se resserre. Les entrĂ©es successives, les vĂ©hicules qui cherchent leur sortie et les automobilistes qui changent de file pour gagner quelques minutes composent une scĂšne familiĂšre sur la M35. Dans ce contexte, la sĂ©curitĂ© routiĂšre ne dĂ©pend pas uniquement de la vitesse rĂ©glementaire : elle dĂ©pend aussi de la prĂ©visibilitĂ© des comportements.

Une voie de covoiturage peut fluidifier un axe quand elle est clairement sĂ©parĂ©e et correctement utilisĂ©e. Elle peut aussi crĂ©er un point de tension si les usagers dĂ©couvrent trop tard son activation. Les horaires annoncĂ©s en 2023, 6 h-10 h puis 16 h-19 h les jours de semaine, correspondent prĂ©cisĂ©ment aux pĂ©riodes de densitĂ© maximale. C’est lĂ  que la promesse est la plus utile, mais aussi que les erreurs de lecture peuvent avoir les effets les plus visibles.

Le cas fictif de Marc, artisan qui rejoint un chantier prĂšs de la route de Schirmeck, est parlant. Son utilitaire transporte du matĂ©riel, pas de passager. Au moment oĂč la circulation ralentit, la voie rĂ©servĂ©e paraĂźt vide. L’envie de l’emprunter est comprĂ©hensible, mais le vide apparent constitue justement la fonction du dispositif : rĂ©server une capacitĂ© de circulation Ă  ceux qui mutualisent leur dĂ©placement ou assurent un service collectif.

La mesure demande donc une discipline ordinaire. Avant le dĂ©part, il faut vĂ©rifier si le trajet traverse une zone Ă  voie dĂ©diĂ©e. En roulant, il convient de lire les panneaux Ă  messages variables plutĂŽt que de suivre mĂ©caniquement la voiture devant soi. Enfin, au moment de rejoindre la voie gĂ©nĂ©rale, mieux vaut anticiper la manƓuvre que couper plusieurs files Ă  la derniĂšre seconde. Ces gestes ont moins de spectaculaire qu’un radar, mais ils rĂ©duisent les comportements imprĂ©visibles.

Strasbourg connaĂźt dĂ©jĂ  cette culture du partage de l’espace. Dans le centre, le tramway impose ses rythmes ; sur les quais, le vĂ©lo et la marche ont redessinĂ© les habitudes ; Ă  la gare, les flux de voyageurs se croisent en continu. La M35 appartient Ă  la mĂȘme histoire urbaine, avec une Ă©chelle et des contraintes diffĂ©rentes. La route se dĂ©ploie comme une infrastructure technique, mais elle reste un lieu collectif.

Les radars ne doivent pas faire oublier les autres causes d’accident ou de tension : fatigue, tĂ©lĂ©phone au volant, distances de sĂ©curitĂ© insuffisantes, vitesse inadaptĂ©e Ă  la pluie et aux ralentissements. L’automatisation des contrĂŽles peut rendre une rĂšgle mieux respectĂ©e ; elle ne remplace ni l’attention ni le jugement du conducteur. Sur une chaussĂ©e chargĂ©e, quelques secondes de patience valent davantage qu’un gain fragile de quelques centaines de mĂštres.

Cette dimension quotidienne mĂ©rite une information rĂ©pĂ©tĂ©e, sobre et accessible. Les radios locales, les panneaux autoroutiers et les canaux municipaux peuvent aider Ă  installer les nouveaux rĂ©flexes. Pour ceux qui suivent les formats audio pendant leurs trajets, une liste de radios diffusĂ©es sur le web rappelle aussi combien l’information de proximitĂ© se joue dĂ©sormais sur des supports variĂ©s.

La mesure la plus efficace n’est pas forcĂ©ment celle qui se voit le plus. Sur la M35, une rĂšgle comprise avant l’échangeur Ă©vite souvent une manƓuvre risquĂ©e aprĂšs le panneau.

À Strasbourg, l’automatisation des contrĂŽles interroge l’avenir des dĂ©placements sur la M35

Les radars de covoiturage racontent une mutation plus large que leur boßtier fixé au bord de la chaussée. Ils indiquent que la route devient un espace à usages différenciés : une file pour certaines catégories de véhicules, des temporalités variables, des rÚgles lues en temps réel. Dans une agglomération de la taille de Strasbourg, cette évolution accompagne le besoin de transporter davantage de personnes sans élargir indéfiniment les infrastructures.

Depuis le basculement de l’A35 vers la M35 en 2021, l’axe ne se pense plus seulement en kilomĂštres parcourus. Il se pense en accĂšs aux pĂŽles d’emploi, en temps perdu dans les ralentissements, en qualitĂ© de l’air et en connexion avec les autres moyens de transport. Les voies rĂ©servĂ©es constituent une rĂ©ponse parmi d’autres. Elles peuvent encourager deux collĂšgues Ă  partager une voiture, inciter un salariĂ© Ă  rejoindre un point de rendez-vous ou favoriser l’usage des transports collectifs lorsqu’ils bĂ©nĂ©ficient d’une circulation moins contrainte.

Cette ambition a cependant une contrepartie crĂ©dible. Le covoiturage n’est pas toujours simple Ă  organiser pour les horaires dĂ©calĂ©s, les parents qui dĂ©posent des enfants dans des Ă©tablissements diffĂ©rents ou les salariĂ©s dont les lieux de travail varient. Les quartiers pĂ©riphĂ©riques, moins bien reliĂ©s par les transports collectifs, vivent aussi la contrainte automobile de maniĂšre plus forte que les secteurs desservis par plusieurs lignes de tram. Une politique de circulation efficace doit tenir compte de ces gĂ©ographies trĂšs concrĂštes.

La technologie peut aider Ă  faire respecter une prioritĂ©, mais elle ne fabrique pas Ă  elle seule une alternative de dĂ©placement. Une salariĂ©e de la zone industrielle de la Plaine des Bouchers ne choisira le covoiturage que si les horaires sont compatibles, si un partenaire de trajet est identifiable et si l’arrivĂ©e sur site reste praticable. De mĂȘme, un habitant de Reichstett peut envisager le train ou le bus Ă  condition que la correspondance ne transforme pas un trajet de vingt minutes en parcours d’une heure.

Les dispositifs de surveillance doivent donc ĂȘtre accompagnĂ©s d’une lecture fine du territoire. OĂč se forment les bouchons ? Quelles entrĂ©es de la M35 concentrent les trajets solitaires ? Quels parkings-relais fonctionnent rĂ©ellement ? Quelles entreprises peuvent encourager le partage de voiture ? Ces questions sont moins spectaculaires que l’annonce d’un radar nouvelle gĂ©nĂ©ration, mais elles dĂ©terminent la rĂ©ussite du systĂšme.

Contre toute attente, le sujet touche aussi Ă  la confiance. Lorsque les rĂšgles sont annoncĂ©es, les horaires cohĂ©rents et les contrĂŽles encadrĂ©s, l’automatisation peut ĂȘtre perçue comme un outil de rĂ©gulation. Lorsqu’elle apparaĂźt comme un piĂšge, elle nourrit l’incomprĂ©hension et pousse certains conducteurs Ă  multiplier les rĂ©actions brusques. La frontiĂšre se joue dans les dĂ©tails : emplacement des panneaux, prĂ©cision des marquages, dĂ©lai laissĂ© pour se rabattre, clartĂ© des explications.

Pour Strasbourg, la M35 est devenue une façade routiĂšre de la mĂ©tropole. Elle ne montre pas les colombages de la Petite France ni les façades de la Neustadt, mais elle rĂ©vĂšle un autre visage de la ville : celui des arbitrages quotidiens entre circulation individuelle et espace partagĂ©. Les radars rĂ©volutionnaires n’en sont qu’un instrument. Leur efficacitĂ© dĂ©pendra surtout de la capacitĂ© Ă  rendre les trajets plus lisibles, et non simplement plus surveillĂ©s.

Sources : informations de mise en service et crĂ©neaux horaires annoncĂ©s en octobre et novembre 2023 ; CollectivitĂ© europĂ©enne d’Alsace et documents relatifs Ă  la reconfiguration de l’axe A35/M35 aprĂšs l’ouverture de l’A355 en 2021 ; SĂ©curitĂ© routiĂšre, Ă©lĂ©ments gĂ©nĂ©raux sur les voies rĂ©servĂ©es et les comportements de conduite ; Direction interdĂ©partementale des routes, rĂšgles d’accĂšs prĂ©sentĂ©es pour les voies de covoiturage en France.

Que contrÎlent les radars installés sur la M35 à Strasbourg ?

Ils visent l’usage des voies rĂ©servĂ©es au covoiturage. Leur rĂŽle est de repĂ©rer les vĂ©hicules occupĂ©s par un conducteur seul lorsqu’une voie est activĂ©e pour les vĂ©hicules transportant au moins deux personnes et pour certaines catĂ©gories autorisĂ©es.

Les radars de covoiturage mesurent-ils la vitesse ?

Non. Ces Ă©quipements ne sont pas conçus comme des radars de vitesse classiques. Ils s’intĂ©ressent au nombre apparent d’occupants dans le vĂ©hicule et au respect des conditions d’accĂšs Ă  la voie rĂ©servĂ©e.

Quels horaires avaient été annoncés pour les contrÎles sur la M35 ?

Lors de l’annonce de 2023, les pĂ©riodes visĂ©es Ă©taient les jours ouvrĂ©s entre 6 h et 10 h, puis entre 16 h et 19 h. La signalĂ©tique prĂ©sente sur place reste la rĂ©fĂ©rence Ă  consulter avant de s’engager.

Pourquoi l’ancienne A35 est-elle devenue la M35 ?

AprĂšs la mise en service de l’A355 en 2021, la traversĂ©e de Strasbourg a Ă©tĂ© requalifiĂ©e en route mĂ©tropolitaine. Cette Ă©volution accompagne une organisation davantage tournĂ©e vers les dĂ©placements locaux et les mobilitĂ©s partagĂ©es.

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