En bref
- Un littoral immense : la Corse dĂ©ploie prĂšs de 1 000 km de cĂŽtes, oĂč les plages alternent entre grandes baies et criques encaissĂ©es.
- Deux visages complĂ©mentaires : au nord, la Haute-Corse mĂȘle galets sombres, dunes et embouchures de fleuve ; au sud, la Corse-du-Sud aligne des anses claires et des rochers de granit.
- AccĂšs et effort : certaines plages se gagnent Ă pied, en bateau ou en 4×4 (Agriates, Girolata), ce qui façonne leur frĂ©quentation.
- Mer et reliefs ensemble : en Corse, le panorama ne se limite jamais Ă lâhorizon ; la montagne reste dans le cadre, mĂȘme allongĂ© sur le sable.
- Fragilité des sites : dunes, herbiers de posidonie, sentiers littoraux ; le tourisme balnéaire se pense aussi en termes de protection et de saisonnalité.
Le matin, la lumiĂšre accroche les rochers avant dâatteindre lâeau. Dans lâair, une odeur de ciste et dâimmortelle se mĂȘle au sel. La Corse dĂ©roule ses plages comme un atlas vivant, oĂč chaque anse raconte un rapport singulier Ă la mer.
| Peu de temps ? VoilĂ ce qu’il faut retenir | |
|---|---|
| Territoire | De Saleccia (Agriates) Ă Bonifacio (extrĂȘme sud), sur un littoral dâenviron 1 000 km. |
| Lecture pratique | AccĂšs variable : route, sentier, navette maritime ; lâaccessibilitĂ© dĂ©termine souvent lâambiance. |
| Ambiances dominantes | MinĂ©ral Ă lâouest, lagons au sud, dunes et embouchures au nord. |
| Ă observer | Les tours gĂ©noises (XVIe siĂšcle) et lâempreinte des paysages protĂ©gĂ©s (Agriates, Lavezzi). |
| Profil idéal | Vacances actives : marche littorale, baignade, snorkeling ; avec une tolérance au monde en haute saison sur les sites les plus célÚbres. |
Cartographier les 15 plages paradisiaques de Corse : un littoral, deux rythmes
Sur la carte, la Corse ressemble Ă une forteresse posĂ©e sur la mer. Sur le terrain, cette impression se confirme : les reliefs tiennent la cĂŽte, obligent les routes Ă contourner, et imposent Ă certaines plages une forme de lenteur. Ce quâon oublie souvent, câest que le caractĂšre « paradisiaque » des plages corses ne tient pas seulement Ă la couleur de lâeau ou Ă la finesse du sable, mais Ă la maniĂšre dont le paysage se compose : la montagne en arriĂšre-plan, les rochers qui dĂ©coupent des anses, les pins qui donnent une Ă©chelle humaine.
La sĂ©lection de quinze plages sâorganise en deux grandes familles gĂ©ographiques. Dâun cĂŽtĂ©, la Haute-Corse : les Agriates, les portes de la Balagne, le Cap Corse. De lâautre, la Corse-du-Sud : Porto-Vecchio, Bonifacio, le golfe dâAjaccio, le golfe de Porto et Girolata. Entre les deux, un fil commun : un littoral dâenviron 1 000 kilomĂštres (chiffre couramment repris par la CollectivitĂ© de Corse dans ses prĂ©sentations territoriales, donnĂ©es actualisĂ©es rĂ©guliĂšrement), qui rend illusoire lâidĂ©e de « tout faire » en quelques jours.
Dans les Agriates, Saleccia joue le rĂŽle dâicĂŽne. Le sable clair, la mer turquoise, et surtout cette sensation dâarriver au bout dâun monde. LâaccĂšs, ici, fait partie du rĂ©cit : sentier du littoral pour les marcheurs, piste exigeante pour les vĂ©hicules adaptĂ©s, ou navettes maritimes depuis Saint-Florent. Cette contrainte dessine une frĂ©quentation moins dispersĂ©e : Ă certaines heures, les arrivĂ©es groupĂ©es se lisent comme un horaire invisible. Lâendroit reste magnifique, mais il impose de composer avec son propre succĂšs.
Ă lâinverse, Ostriconi, sur la commune de Palasca, raconte une autre Corse : lâembouchure dâun fleuve, un bassin dâeau douce, une plage oĂč la verdure et le sable se rĂ©pondent. Le panorama y est plus « gĂ©ographique » que « carte postale » : on voit le fonctionnement dâun paysage, lâeau qui circule, les montagnes rocheuses en fond. Cette diversitĂ© dâĂ©cosystĂšmes rend lâensemble fragile, notamment aux piĂ©tinements hors sentier.
Le Cap Corse, avec Nonza, change brusquement de palette. Galets, sable sombre, plage longue dâenviron un kilomĂštre en contrebas du village : un dĂ©cor qui nâa rien dâun lagon, mais qui imprime durablement la mĂ©moire. LâaccĂšs par un long escalier est une forme de filtre : on y descend avec intention, et on remonte en mesurant le relief. Cet effort simple, presque banal, requalifie la baignade en expĂ©rience complĂšte.
Dans cette cartographie, un dĂ©tail attire lâĆil : la relation entre accessibilitĂ© et densitĂ© humaine. Les plages « faciles » captent davantage de monde, celles qui se gagnent Ă pied ou en mer conservent une respiration â sans jamais ĂȘtre vides en plein Ă©tĂ©. Câest la trame dâun tourisme littoral contemporain : arbitrer entre temps de trajet, confort, et sensation de nature.

Haute-Corse : quand le sable, les galets et les dunes racontent les territoires
La Haute-Corse a ce talent rare : faire cohabiter des plages de sable clair avec des rivages de galets sombres, sans donner lâimpression dâun collage. La cohĂ©rence vient du relief et de la vĂ©gĂ©tation. La route, souvent, se dĂ©ploie en balcon ; puis, dâun coup, le regard bascule vers une anse. On y croise des familles en vacances, des randonneurs chargĂ©s dâeau, et des habituĂ©s qui connaissent le sens du vent.
Saleccia : lâĂ©loignement comme rĂšgle dâurbanisme naturel
Saleccia, dans le dĂ©sert des Agriates, est lâexemple le plus parlant dâun site dont lâaccessibilitĂ© façonne lâusage. Le sentier littoral crĂ©e une arrivĂ©e progressive : la plage se mĂ©rite, et cette mise en condition change la maniĂšre dâentrer dans lâeau. Les navettes depuis Saint-Florent organisent une seconde temporalitĂ©, plus maritime, avec des horaires qui structurent les pics de prĂ©sence.
La contrepartie est nette : en haute saison, la plage peut paraßtre moins « sauvage » que ce que les images promettent. Ce décalage est classique dans le tourisme : plus un panorama circule sur les écrans, plus il attire. Reste un fait : la qualité du sable et la transparence de la mer, ici, gardent une puissance intacte.
Ostriconi : une plage-riviĂšre, un paysage qui fonctionne
Ă Ostriconi, le rivage sâorganise autour dâun fleuve. Le visiteur pressĂ© passe sans voir que la beautĂ© vient aussi de lâhydrologie : bassins, zones humides, cordon dunaire, puis mer ouverte. Dans une Ăźle oĂč la montagne tombe vite dans la mer, cette respiration « plane » surprend.
Ce type de site rappelle une Ă©vidence : la nature littorale est un systĂšme. La fragilitĂ© nâest pas abstraite. Il suffit dâobserver les bords de dunes, parfois marquĂ©s, pour comprendre que lâaffluence estivale laisse une trace, mĂȘme sans bruit.
Nonza : la plage sombre qui dĂ©place lâidĂ©e de paradis
La plage de Nonza ne joue pas la carte du bleu-lagon. Elle propose autre chose : une Ă©trangetĂ© minĂ©rale, un contraste fort entre le village perchĂ© et la bande de rivage. Son Ă©tendue â plus dâun kilomĂštre â permet de sâĂ©loigner un peu, mĂȘme quand la journĂ©e est chargĂ©e.
La contrepartie tient Ă lâaccĂšs : lâescalier dĂ©courage les installations lourdes. Moins de glaciĂšres, moins de parasols, plus de marche. Câest une plage qui sĂ©lectionne sans le dire.
Bodri : une baie proche des villes, mais pas sans rĂšgles
Bodri se situe Ă quelques minutes de LâĂle-Rousse et Ă moins dâune demi-heure de Calvi. Cette proximitĂ© est prĂ©cieuse pour des vacances oĂč lâon alterne mer et marchĂ©s, baignades et dĂźners en ville. Un dĂ©tail attire lâĆil : la plage, rĂ©putĂ©e belle, accueille aussi des usages variĂ©s, avec une prĂ©sence naturiste sur une portion identifiĂ©e, gĂ©nĂ©ralement au nord.
La nuance, ici, est simple : lâaccessibilitĂ© amĂšne du monde. Sur ce type de plage, lâheure dâarrivĂ©e devient un paramĂštre aussi important que la mĂ©tĂ©o. Ce constat prĂ©pare naturellement la suite : dans le sud, lâeffet « carte postale » est plus frĂ©quent, et la gestion des flux devient centrale.
Corse-du-Sud : des baies claires aux tours gĂ©noises, lâart de la mise en scĂšne naturelle
La Corse-du-Sud concentre une part majeure de lâimaginaire balnĂ©aire de lâĂźle. Lâeau prend souvent des tons turquoise, le sable devient trĂšs clair, et le granit dessine des formes rondes. Le tourisme y est ancien, structurĂ©, et parfois dense : câest le revers logique dâune attractivitĂ© forte. Pour autant, il existe une diversitĂ© rĂ©elle, de la plage trĂšs accessible Ă la crique qui se gagne Ă pied.
Rondinara et Palombaggia : beauté évidente, densité à apprivoiser
Rondinara, entre Porto-Vecchio et Bonifacio, est souvent citĂ©e pour sa forme dâanse presque parfaite. Les roches tirant vers le rouge encadrent une eau claire ; le sable, trĂšs pĂąle, renforce lâimpression de lagon. Mais le succĂšs a un prix : aux pĂ©riodes de pointe, la tranquillitĂ© se nĂ©gocie, notamment en milieu de journĂ©e.
Palombaggia, cĂŽtĂ© Porto-Vecchio, dĂ©ploie des pins et des dunes, avec vue sur les Ăźles Cerbicale, connues pour les activitĂ©s subaquatiques. La plage sâanime aux beaux jours : nautisme, kayak, plongĂ©e. Cette vitalitĂ© participe au charme du lieu, mais elle modifie lâexpĂ©rience de nature brute. La contrepartie est sonore et visuelle : plus dâĂ©quipements, plus de mouvements.
Cala Barbaria (dite dâArgent) : lâapprentissage de la crique
Dans le golfe de Murtoli, la plage de Cala Barbaria â souvent appelĂ©e « plage dâArgent » â se cache entre les rochers. LâaccĂšs se fait par une logique simple : stationnement prĂšs de Tralicetu, marche le long de la cĂŽte, contournement dâune pointe. Cette micro-marche change tout : on arrive moins chargĂ©, on sâinstalle autrement, on regarde davantage.
Ce type dâaccĂšs rappelle une rĂšgle non Ă©crite du littoral corse : lâeffort, mĂȘme modeste, produit du calme relatif. Il ne supprime pas le monde, mais il le rĂ©partit.
Petit Spérone et Lavezzi : Bonifacio, entre sable et mémoire maritime
Ă environ 7 km de Bonifacio, le petit SpĂ©rone est plus abritĂ© que son voisin le grand SpĂ©rone. La vue sâouvre vers des Ăźles proches, et lâon perçoit cette gĂ©ographie de seuil, propre Ă lâextrĂȘme sud. La facilitĂ© dâaccĂšs depuis Piantarella explique une frĂ©quentation rĂ©guliĂšre, surtout quand la mĂ©tĂ©o est idĂ©ale.
Plus au large, les Ăźles Lavezzi imposent un autre registre. Lâarchipel, accessible en bateau depuis Bonifacio, associe plages, sentiers et fonds marins. Un fait historique sâinscrit dans le paysage : sur lâĂźlot dâAcciarino, un cimetiĂšre rappelle le naufrage de la frĂ©gate La SĂ©millante en 1855 (donnĂ©e documentĂ©e par les rĂ©cits patrimoniaux locaux et archives maritimes). La beautĂ©, ici, nâefface pas la mĂ©moire ; elle la porte.
Pour qui observe les usages, ces sites montrent une tension permanente : lâenvie de mer et de sable, et la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server des espaces fragiles. Le fil conducteur mĂšne logiquement vers lâouest, lĂ oĂč le granit rouge et les falaises changent encore la grammaire du littoral.
Ă ce stade, une parenthĂšse gourmande Ă©claire un mĂ©canisme bien connu du tourisme : la plage ne vit jamais seule, elle sâarticule Ă des rituels. Certains comparent les pauses sucrĂ©es dâaprĂšs-baignade Ă dâautres villes littorales ou non ; les plus curieux peuvent regarder, pour le contraste, cette enquĂȘte sur les meilleures crĂȘpes Ă Nantes, utile pour comprendre comment une spĂ©cialitĂ© structure une balade urbaine autant quâun retour de plage.
Golfe de Porto, calanques de Piana, Girolata : la Corse minérale, idéale pour marcher avant de se baigner
Sur la cĂŽte ouest, le dĂ©cor change de registre. Ici, le littoral se fait sculpture : falaises, roches rouges, anses resserrĂ©es. La mer paraĂźt plus profonde, souvent plus sombre, et le panorama se lit comme une coupe gĂ©ologique. Ce nâest pas moins « paradisiaque » ; câest moins immĂ©diat, et parfois plus puissant.
Bussaglia : les galets comme invitation Ă la promenade
Dans le golfe de Porto, la plage de Bussaglia est faite de galets. Elle se prĂȘte davantage Ă la marche quâĂ lâinstallation longue sur serviette. Les falaises qui lâencerclent donnent un sentiment dâamphithéùtre naturel, et la mer y prend une densitĂ© particuliĂšre.
La contrepartie est Ă©vidente : les galets demandent un autre confort, parfois des chaussures, et la mise Ă lâeau peut ĂȘtre plus sportive selon la houle. Mais lâendroit enseigne une chose simple : en Corse, la plage nâest pas toujours un salon ; elle peut ĂȘtre un sentier horizontal.
Ficajola : la crique accessible Ă pied dans les calanques de Piana
Ficajola est souvent dĂ©crite comme la seule crique des calanques de Piana accessible Ă pied. Cette accessibilitĂ© relative fabrique une scĂšne du soir : au coucher du soleil, la roche rouge capte la lumiĂšre, et lâensemble devient tableau. Les marcheurs sây attardent, les navigateurs y jettent parfois lâancre, chacun avec sa temporalitĂ©.
La nuance tient Ă la capacitĂ© du lieu. Une crique reste une poche : quand elle se remplit, le sentiment dâisolement disparaĂźt vite. LĂ encore, lâheure fait la diffĂ©rence, davantage que la saison.
Focaghia (Osani) et Girolata : un territoire qui se mérite
Dans le golfe de Girolata, du cĂŽtĂ© dâOsani, la plage de Focaghia sâaccompagne dâune image forte : la tour gĂ©noise carrĂ©e du fort de Girolata se dĂ©coupe Ă lâarriĂšre-plan. La prĂ©sence de ces tours â pour beaucoup Ă©difiĂ©es au XVIe siĂšcle dans le cadre des dispositifs de surveillance littorale (sources patrimoniales locales et inventaires historiques) â rappelle que le rivage fut longtemps un front, pas seulement une carte de vacances.
Le village, lui, ne sâatteint quâen bateau ou aprĂšs une longue marche. Ă lâarrivĂ©e, restaurants et buvettes en bord de plage racontent une Ă©conomie saisonniĂšre trĂšs concrĂšte : des Ă©quipes qui montent, qui sâinstallent, puis redescendent quand le flux se tarit. Ce modĂšle tient sur une logistique fine, et sur une nature suffisamment robuste pour supporter lâusage, sans se dĂ©grader. Câest un Ă©quilibre, pas un dĂ©cor.
Un dĂ©tail attire lâĆil, justement : la maniĂšre dont les services se concentrent au bord immĂ©diat du rivage, pour ne pas mordre sur les pentes. Lâurbanisme, ici, est minimal par contrainte gĂ©ographique. Et cette contrainte, paradoxalement, protĂšge ce qui fait venir.
Ajaccio, Fautea, Capitello, Capizzolu : les plages comme portes dâentrĂ©e, entre Ă©quipements et nature
Les plages ne sont pas seulement des destinations finales. Elles servent aussi dâinterface entre lâĂźle et ses arrivĂ©es : aĂ©roports, routes nationales, pĂŽles urbains. Cette dimension « porte dâentrĂ©e » change la façon dont on habite le rivage : plus dâĂ©quipements, plus de stationnement, davantage de services. La qualitĂ© du paysage, elle, reste bien rĂ©elle, mais elle sâinscrit dans une organisation plus visible.
Capitello : une premiĂšre image Ă deux pas de lâaĂ©roport
Sur le golfe dâAjaccio, la plage de Capitello se situe Ă proximitĂ© de lâaĂ©roport NapolĂ©on Bonaparte. Cet emplacement donne le ton dĂšs lâarrivĂ©e : eau claire, rochers de granit, sable, et une tour gĂ©noise qui sâinscrit dans le paysage. La plage joue le rĂŽle dâun seuil : on passe du transport Ă la mer en quelques minutes.
La contrepartie est logique : proximitĂ© rime avec frĂ©quentation, et parfois avec nuisances sonores selon les heures. Le paradis, ici, nâest pas une promesse dâisolement ; câest une promesse de contraste rapide entre ville, infrastructures et nature.
La Tour de Fautea : un site surveillĂ© par lâhistoire
Ă Zonza, la plage de la Tour de Fautea est dominĂ©e par une tour gĂ©noise installĂ©e sur les rochers depuis le XVIe siĂšcle. LâaccĂšs par un sentier depuis la N198 maintient une petite marche dâapproche, suffisante pour Ă©viter lâeffet « parking-plage immĂ©diat » sur toute la journĂ©e.
La frĂ©quentation y reste souvent plus mesurĂ©e que dans les grandes baies de Porto-Vecchio, mĂȘme si la proximitĂ© rĂ©gionale entraĂźne un afflux certain en plein Ă©tĂ©. Ce dosage fait lâintĂ©rĂȘt : un lieu assez accessible pour une baignade, assez cadrĂ© pour conserver une sensation de nature.
Capizzolu : la plage encore peu connue, mais pas hors du monde
Ă CargĂšse, Capizzolu est une plage de sable fin, facilement accessible en voiture. Son eau vire au turquoise dĂšs les premiers rayons, et la topographie offre une impression dâabri. Le site a longtemps bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune notoriĂ©tĂ© plus locale que les grands noms du sud-est.
Mais lâĂ©poque change vite : la circulation des images, les itinĂ©raires partagĂ©s, les recommandations en chaĂźne. La question rhĂ©torique sâimpose : combien de temps une plage « peu connue » le reste-t-elle, Ă lâĂšre des cartes numĂ©riques ? La rĂ©ponse se lit dans la capacitĂ© dâaccueil, et dans la discipline collective Ă ne pas Ă©largir les accĂšs nâimporte comment.
Dans cette logique dâarticulation entre plages et villes, il est utile de regarder dâautres terrains. La maniĂšre dont un centre urbain structure des pauses rapides â par exemple autour du dĂ©jeuner â se lit trĂšs bien dans ce papier sur le jambon-beurre Ă Paris, qui montre comment un rituel simple peut dessiner des parcours, comme une baignade dessine une journĂ©e.
Cette section referme une idĂ©e : en Corse, la beautĂ© tient aussi Ă lâorganisation. Les plages paradisiaques ne flottent pas hors-sol ; elles dĂ©pendent de routes, de sentiers, de rĂšgles de stationnement, et dâune Ă©conomie saisonniĂšre. Le dernier bloc, lui, met de lâordre dans les quinze noms, pour aider Ă choisir sans rĂ©duire ces lieux Ă une simple liste.
Choisir parmi les 15 plages de Corse : critÚres concrets, saisonnalité et arbitrages
La tentation est grande de vouloir « faire » quinze plages comme on coche des cases. Pourtant, une plage est un usage, pas un trophĂ©e. Elle dĂ©pend du vent, de la houle, de lâheure, de lâaccĂšs, et du niveau de confort recherchĂ©. Pour des vacances rĂ©ussies, lâenjeu consiste Ă choisir selon des critĂšres simples, puis Ă accepter les contreparties : marcher davantage pour ĂȘtre plus au calme, ou assumer lâaffluence en Ă©change dâune baie facile.
Un dĂ©tail attire lâĆil quand on compare les sites : les plages de sable fin ne procurent pas toutes la mĂȘme sensation de nature. Ă Palombaggia, la prĂ©sence de paillotes saisonniĂšres et dâactivitĂ©s nautiques rend lâensemble vivant. Ă Saleccia, lâorganisation par navettes et piste maintient une impression dâĂ©cart, mĂȘme si lâĂ©tĂ© charge vite la plage. Ă Bussaglia, les galets modifient le rapport au corps : on marche plus quâon ne sâallonge.
Les 15 plages paradisiaques de Corse citées dans ce répertoire
- Saleccia (désert des Agriates)
- Ostriconi (commune de Palasca)
- Nonza (Cap Corse)
- Bodri (prĂšs de LâĂle-Rousse)
- Rondinara (entre Porto-Vecchio et Bonifacio)
- Palombaggia (Porto-Vecchio)
- Cala Barbaria, dite plage dâArgent (golfe de Murtoli)
- Petit Spérone (à env. 7 km de Bonifacio)
- Bussaglia (golfe de Porto)
- Ficajola (calanques de Piana)
- Ăles Lavezzi (archipel au sud-est, accĂšs bateau depuis Bonifacio)
- Capitello (golfe dâAjaccio)
- Tour de Fautea (Zonza, accĂšs N198)
- Focaghia / Osani (golfe de Girolata)
- Capizzolu (CargĂšse)
Une grille de choix simple : confort, accĂšs, paysage
Trois critĂšres suffisent souvent Ă trancher. Dâabord, le confort : sable fin ou galets, prĂ©sence dâombre naturelle (pins) ou non, profondeur rapide ou progressive. Ensuite, lâaccĂšs : route directe, sentier, navette maritime, piste. Enfin, le paysage : lagon au sud, embouchure au nord, minĂ©ral Ă lâouest. Cette grille Ă©vite les dĂ©ceptions typiques, comme viser une crique supposĂ©e calme et y arriver Ă midi aprĂšs un long trajet, quand tout le monde a eu la mĂȘme idĂ©e.
La saisonnalitĂ© est le second paramĂštre. En plein Ă©tĂ©, certains sites cumulent chaleur et densitĂ© ; les matinĂ©es et fins dâaprĂšs-midi deviennent les meilleurs alliĂ©s. Ă lâĂ©paule de saison (mai-juin, septembre), les mĂȘmes plages changent de visage : moins de bruit, davantage de place, une mer parfois plus fraĂźche. Ce nâest pas un jugement ; câest une mĂ©canique.
Enfin, une idĂ©e rarement dite : la rĂ©ussite dâune journĂ©e de plage dĂ©pend souvent de lâaprĂšs. Un dĂźner simple, une planche Ă partager, un marchĂ©. Pour mesurer la puissance de ces rituels dans la fabrication dâun souvenir, cette exploration des planches apĂ©ro Ă Paris sert de miroir urbain : ailleurs aussi, un territoire se comprend par ce qui se mange et se raconte aprĂšs la marche.
Sources (repĂšres factuels) : CollectivitĂ© de Corse, donnĂ©es territoriales et littorales (ordre de grandeur : â 1 000 km de cĂŽtes, consultables via publications institutionnelles) ; Archives et rĂ©cits patrimoniaux sur le naufrage de La SĂ©millante (1855) et les mĂ©moriaux des Lavezzi ; Inventaires et documentation patrimoniale locale sur les tours gĂ©noises (XVIe siĂšcle) prĂ©sentes sur plusieurs secteurs littoraux (Fautea, Girolata).
Quelle plage choisir en Corse pour une journée sans voiture ?
Les options les plus simples passent par les navettes maritimes : Saleccia depuis Saint-Florent, ou les Ăźles Lavezzi depuis Bonifacio. LâidĂ©e est de transformer le trajet en partie de la journĂ©e, plutĂŽt que de dĂ©pendre dâun stationnement souvent saturĂ© en Ă©tĂ©.
OĂč trouve-t-on des plages de sable fin et eau turquoise en Corse ?
Le sud-est concentre les images les plus connues, notamment Rondinara et Palombaggia autour de Porto-Vecchio, ainsi que le secteur de Bonifacio (Petit Spérone). Dans le nord, Saleccia offre aussi une combinaison sable clair et mer trÚs transparente, avec un accÚs plus contraignant.
La plage de Nonza est-elle adaptée à la baignade ?
Oui, mais lâexpĂ©rience est diffĂ©rente des grandes plages de sable : rivage sombre, galets, accĂšs par un long escalier et parfois une mer plus mobile. Le confort au sol se prĂ©pare (chaussures dâeau, serviette Ă©paisse), et lâeffort de remontĂ©e fait partie de la journĂ©e.
Quelles plages de Corse privilégier pour un panorama spectaculaire au coucher du soleil ?
Sur la cÎte ouest, Ficajola dans les calanques de Piana est réputée pour la lumiÚre du soir sur les rochers rouges. Le golfe de Porto, avec Bussaglia et ses falaises, offre aussi une lecture trÚs minérale du paysage quand la lumiÚre baisse.