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Annulation de la fête  de la musique

VICTOR HUGO n’aura pas vu les Sioux …


La fête de la musique devait être belle, et même exceptionnelle, sur la place Victor Hugo, ce 21 juin 2017 … Le Comité de quartier avait, pour la 4ème année consécutive, mobilisé son énergie et sa pugnacité pour s’entourer de compétences qui allaient créer une ambiance créole et amérindienne de 19h à 2h du matin !!! Musique, chants et danses, rythme, couleurs et saveurs, avec, cerise sur le gâteau, deux danseurs sioux originaires du Dakota du Nord ! Une trentaine de personnes sur la scène !!
 
Depuis le 7 mars 2017, chacun s’active, le comité de quartier étant naturellement chargé de tout le volet administratif de l’événement, basé sur la  programmation de l’organisateur, représentant l’association « il paille en queue » en liaison avec les groupes (antillais, réunionnais et amérindiens), les sponsors, la production son et lumières  et les équipes de fabrication (totems, stands, décoration, etc …).
 
Depuis le mois de mars donc, nous entretenons des contacts réguliers avec les différents services de la mairie, (celui qui coordonne la fête de la musique, la sécurité, le commerce, l’occupation du domaine public, etc …), échangeons des informations, participons à des réunions, pour obtenir les autorisations nécessaires et pour intégrer les consignes issues du ministère de l’Intérieur et de la préfecture.
 
Depuis le mois de février, nous avons également informé et proposé d’associer les commerçants situés sur et autour de la place Victor Hugo, susceptibles d’être intéressés, en raison de leurs segments d’activités, par cet événement dont on pouvait raisonnablement penser qu’il attirerait du monde. Entre autre, nous avions suggéré une extension de terrasse pour deux commerces, et invité le titulaire du camion pizza à s’associer (gratuitement) au dispositif de la fête en vendant ses produits au public, sans pour autant le priver de sa clientèle habituelle (extension de terrasse formalisée dans notre demande du 7 mars).
 
Semaine après semaine, le programme a ainsi pris forme, nous permettant le 31 mai dernier, à l’occasion d’une réunion de coordination de la fête de la musique, en mairie, de présenter en détail le contenu, les modalités et les mesures envisagées, pour cet événement dont nous n’avons pas caché qu’il pourrait générer un public nombreux. En particulier, devant les services compétents réunis, et au-delà du plateau artistique, nous avons expliqué que cette fête que nous voulions conviviale et familiale, proposerait également, dans des stands dédiés installés sur la place Victor Hugo, des sandwichs, des spécialités créoles, des crêpes, de la bière, du pineau, et différents rafraichissements, autant d’éléments qui, accompagnant la fête, contribueraient aussi à financer les dépenses d’une organisation ambitieuse, et dont nous souhaitions qu’elle impacte le quartier. Pour mémoire, notre proposition consistant à vendre également du rhum (emblématique des soirées créoles) a été rejetée par la mairie, en application d’une disposition nationale (non précisée) valant sur l’ensemble du territoire national (non vérifiable a priori).
 
En matière de sécurité, mise en application des dispositions VIGIPIRATE RENFORCÉ, le préfet avait insisté pour que l’ensemble de la place Victor Hugo soit interdite à toute circulation et à tout stationnement, pendant toute la durée de la fête. Un dispositif matériel, détaillé et expliqué par les services de police municipale, était également prévu.
 
Notre organisation se peaufinait donc, dans le respect des différents contraintes imposées, et conditionnant la délivrance des indispensables arrêtés municipaux. Lorsque, début juin, soit plus de trois mois après les premiers contacts,  le propriétaire du camion pizza , dans un accès de furie, s’en prend au coordonnateur de 
 
l’événement venu lui présenter les dernières dispositions, exigeant que lui soit laissée disponible la moitié de la place Victor Hugo pour son véhicule et ceux de ses clients. Sourd à nos explications et aux prescriptions de sécurité imposées par la préfecture, il exige une réunion en mairie, et menace de ruiner notre projet, tout en clamant qu’officiellement il ne demandait rien, et qu’il ne pourrait être tenu pour responsable de quelques difficultés que ce soit dans la préparation ou dans la gestion de la fête de la musique.
 
Au terme de plusieurs contacts téléphoniques avec les services de la mairie, qui nous encouragent à trouver une médiation, nous proposons au propriétaire du camion pizza au moins trois variantes, tentant d’intégrer ses exigences, même s’il les renie. Une de ces variantes consistait à déplacer la limite nord de la zone de la fête d’environ 5m, permettant de la sorte de maintenir l’entrée et la sortie, ainsi qu’une zone de stationnement, totalement et exclusivement dédiée à ce commerce de pizza. Même cette hypothèse, pourtant conciliante, n’a pas retenu l’agrément du commerçant vindicatif.
 
L’adjoint au commerce a donc réuni les protagonistes en mairie, pour tenter une ultime médiation, permettant à chacun d’y trouver son compte. Une nouvelle fois, le comité de quartier et le coordonateur de l’événement ont expliqué leur projet d’animation pour cette fête de la musique, insistant sur l’importance du plateau artistique, sur les contacts pris avec les commerces autour de la place, susceptibles d’être intéressés par une activité ce 21 juin, sur les possibles extensions de terrasse et sur les prestations de bouche ainsi que les boissons qui seront proposés par les organisateurs, adossés à cette fête, et conduisant notamment à la délivrance d’une licence III à titre provisoire.
 
Toutes ces dispositions ont été actées, et, certainement mécontent, le propriétaire du camion pizza a déclaré qu’il ne viendrait pas sur la place Victor Hugo le 21 juin au soir. Dont acte. Sauf que, sans plus attendre, il est allé démarcher au moins deux de ses confrères commerçants, potentiellement intéressés par une extension de terrasse, (et qu’ils n’ont formalisée auprès de la mairie que le 15 juin) démarche qui s’est soldée, 36 heures avant le début de la fête,  par une notification provenant de l’adjoint au commerce 

- d’une part interdisant à l’organisateur de la fête de la musique sur la place Victor Hugo de proposer pendant cette soirée des spécialités créoles au motif que les normes d’hygiène ne pourraient être garanties

- d’autre part refusant l’attribution de la licence III (permettant notamment la vente de pineau) au motif que les commerces potentiellement ouverts proposeront ce type de consommation, et qu’il s’agirait d’une concurrence inacceptable.
 
Dans ces conditions, chacun voudra bien comprendre que les seules et uniques sources de rentrées financières pouvant partiellement amortir le volume des dépenses engagées deviennent impossibles, (alors que les commandes ont été confirmées et payées) sauf à passer outre les refus notifiés, s’exposant dès lors à une amende suffisamment substantielle pour être dissuasive, d’autant que l’on peut redouter un phénomène de dénonciation, dans ce contexte calamiteux, qui, hélas, et comme vous le savez d’ailleurs, cristallise désormais les relations des différents protagonistes, dès lors qu’il s’agit d’envisager une animation de quartier. On observera dans cette navrante histoire, d’une part cette regrettable insistance de certains commerçants à s’opposer à tout ce qui peut contribuer à la vie sociale du quartier (des commerçants qui, au demeurant, ne vivent pas, avec leurs familles, dans le quartier, et n’y recherchent aucun autre intérêt que celui de gérer leur commerce), et d’autre part une position assez peu compréhensible et encore moins courageuse des élus qui sans vouloir s’opposer frontalement au comité de quartier, ne lui permettent pas de mener sereinement les événements qui au demeurant sont possibles ailleurs.

Dans le cas présent, on notera les «flous » volontaires concernant la validation de nos différentes demandes, permettant de la sorte, à tout instant, de pouvoir « manœuvrer » et reconsidérer en fonction des forces en présences, les décisions pour qu’elles produisent, a priori, un impact moindre sur les relations et les équilibres politiques. 

On pourra regretter également une application très adaptée des règles qui régissent l’occupation temporaire du domaine public, (article L.2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques (CG3P)), puisque à Victor Hugo, le titulaire d’un droit (pour lequel il paie une redevance) peut, en toute impunité, se permettre d’annexer autant de mètres carrés qu’il le veut, de façon insidieuse, simplement en s’opposant à ce que les espaces puissent être, même temporairement, affectés à d’autres bénéficiaires.
 
On retiendra également que le motif invoqué pour interdire la vente des spécialités créoles, arguant de la non-conformité des dispositions d’hygiène alors même que ces dernières, parfaitement contrôlées, n’étaient pas connues de l’autorité qui a prononcé l’interdiction, n’avait d’autre intérêt que celui de créer des handicaps pour mener à bien cette fête de la musique (sachant que ce type de contrôles incombe régulièrement aux services spécialisés de l’Etat ( DDCCRF/DDSPP - Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES))


Enfin, il ne nous échappe pas que le refus d’accorder une licence III à titre provisoire, avec l’intention de vendre du pineau, et ainsi de se faire sponsoriser pour amortir la dépense engagée pour l’événement, relève de la plus nette discrimination, en ce sens que ce qui est accordé aux uns (commerçants installés au pourtour de la place) ne l’est pas aux autres (organisateurs de la fête) au nom d’un protectionnisme totalement injustifié en faveur de certains exploitants de débit de boissons.
 
Dès lors, et pour toutes ces raisons, compte tenu qu’aux yeux de certains commerçants, les organisateurs de cette fête de la musique sont devenus au fil des semaines, personae non grata, considérant le trop faible soutien de la collectivité qui pour tout encouragement nous prive des moyens financiers susceptibles d’amortir partiellement les dépenses engagées, et même si ladite collectivité s’en défendra en affichant qu’elle n’a pas interdit le principe d’une fête de la musique sur la place Victor Hugo, nous avons décidé, de façon concertée, d’ANNULER totalement cette édition 2017 de la fête de la musique, sans préjudice des autres mesures qui suivront en terme d’animation dans le quartier.
 
Un budget très conséquent (et dont les partenaires ne souhaitent pas communiquer le montant) va donc devoir être absorbé par chacun, créant de la sorte des difficultés non négligeables, qui vont naturellement hypothéquer les relations à venir. Pour nous, comité de quartier, notre regret est immense, notamment lorsque nous pensons à nos concitoyens qui avaient projeté de nous rendre visite et de passer avec nous une soirée de qualité, inédite et de grande ampleur, dans l’ambiance familiale à laquelle nous tenons tant à Victor Hugo ! Victor Hugo qui, hélas, ne verra pas les Sioux annoncés.
 
Nous espérons, Mesdames, Messieurs les journalistes, que vous aurez à cœur de contribuer, à votre façon, à une explication loyale et sincère, en direction de nos concitoyens, dont certains vont s’interroger quant à l’annulation de la FETE DE LA MUSIQUE à Victor Hugo. Le Comité de quartier n’en est pas responsable.


 
Gérard VANNEAU

Président du Comité de Quartier Victor Hugo Saint Roch

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